Je suis chrétien mais ce n’était pas mon choix

Je suis né dans un environnement chrétien catholique. Ma famille est chrétienne ; l’entourage aussi. Je ne sais pas d’où cela vient. A l’heure où je suis, je ne comprends pas pourquoi on a choisi de laisser la religion traditionnelle du Burundi. Les missionnaires blancs ont influencé les mentalités des Africains et ces derniers ont abandonné petit à petit leur forme de croyance pour suivre cette nouvelle forme, venue d’ailleurs. Ils ont laissé tomber les « shrines » (lieux sacrés), jadis lieux de rencontre avec « Dieu » que les étrangers appelleront des « dieux », donc, des idoles. Ces accusations gratuites n’étaient qu’une technique de contrôle des âmes. Ils sont même allés jusqu’à dire que les Africains étaient polythéistes alors que ce n’était pas du tout vrai.  Par exemple, au Burundi, on trouve un peuple vraiment monothéiste. Mais, les missionnaires ne se sont pas abstenus de les déraciner. Heureusement qu’ils n’ont pas changé l’appellation. Imana a été, reste et restera dans la croyance de ce peuple naturellement religieux et monothéiste.

Kiranga, le tendon d’Achille dans la croyance des Barundi

Depuis une éternité, le peuple burundais croyait en un seul Dieu, Créateur, Bienfaiteur, etc, Imana. La signification légendaire de ce nom est aussi intéressante. Cela vient du verbe « Kumana » qui signifie résider là-haut, donc, là où il voit tout. Il est inamovible et omniprésent « Nyamwambarizwa hose ». Le nom octroyé à ce créateur de toutes choses démontre combien le peuple burundais croyait en sa Grandeur : Rugiravyose (créateur de toutes choses), Rurema (Créateur), etc. Contrairement à ce qu’on conçoit au Burundi, Kiranga n’était pas prié à la place d’Imana. Il n’était qu’un simple intermédiaire. Quand les missionnaires sont venus, ils ont toujours collé cette mauvaise notice à la personne de Kiranga alors que c’était lui qui véhiculait les valeurs de cette religion. Sachant que la religion des Barundi était fondée sur l’oralité, les chants des églises ont attiré les jeunes en commençant par les désobéissants qui pouvaient facilement rompre avec leur famille. Ce qui me déçoit beaucoup, c’est le discours de Léopold II Roi des Belges à l’accueil des missionnaires.

Même pratiques…

Kiranga perdait sa place petit à petit. Et comme ce qu’on faisait était presque la même chose, les Burundais ont vite fait une transhumance vers les nouvelles sectes. Les rituels des catholiques restent semblables aux rituels des Burundais anciens. Les récitations des prêtres ne sont pas loin des incantations de chaque croyant du Burundi. Les prières de thérapies ou de délivrances des nostalgiques et des autres attaqués par « intezi ». A comprendre comment Kiranga travaillait, il était comme un prêtre ou un pasteur. Les rituels de ces deux religions ont des ressemblances. Ce qui les différencie n’est que le niveau de civilisation. Cette ressemblance a favorisé la christianisation des Barundi.

Jusqu’à maintenant, jeune que je suis, je n’ai pas de réponse de pourquoi j’ai choisi d’être chrétien. Je ne peux pas accepter cette phrase car elle est erronée. Ai-je choisi d’être chrétien ? Pas du tout. Je n’avais pas de choix. Les parents avaient-ils le choix ? Eux non plus. Ils ont vu un fils de l’autre monde venir imposer sa civilisation.  Cela suffit même pour expliquer pourquoi notre culture est en danger de mort. Ce qui la véhiculait jadis véhicule une autre culture venue d’ailleurs. Cela d’ailleurs suffit pour expliquer pourquoi notre pays est plein de chrétiens mais n’est jamais sorti des crises répétitives.

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