Jésus christ, attérirait-il au Burundi en 2020 ?

Le discours prononcé hier le 7 juin à Bugendana par SE Monsieur le Président burundais a surpris plus d’un. Il fait le buzz sur le net : les réseaux sociaux, les sites web des médias locaux et internationaux. Même s’il y en a ceux qui disent que ce discours est flou, la majeure partie a compris le contraire mais nous avons été tous surpris.

Je faisais plutôt mes trucs sur mon ordi. Ce matin, je m’étais privé de mon smartphone pour me donner une discipline. J’avais beaucoup de choses à faire. Les messages Whatsapp tombaient dans l’onglet d’à côté mais je faisais fi ne rien entendre, de ne rien voir. Cela différait beaucoup des autres jours où il y avait un évènement, petit soit-il, dans notre pays. A chaque message qui vient, je déverrouillais mon smartphone pour voir les nouvelles. Onglet après onglet, j’ouvrais pour bien suivre l’évènement sans rien louper. Et aujourd’hui, ce n’était pas comme cela. En plus, je m’étais donné une discipline. Tellement la promulgation de la nouvelle constitution ne tentait pas mon impatience. Encore moins, le discours qui allait suivre. N’avait-on pas suffisamment célébré la victoire le lendemain du scrutin ? Le reste était déjà connu.

Un coup de tonnerre

Tout change vers 13heures. Je mets une pause à ce que je faisais (comme le fait d’autres patrons d’eux-mêmes) pour aller chercher à manger. J’en profite pour ouvrir mon smartphone devenu lourd à cause des messages non ouverts. Sans ambiguïté, je commence à ouvrir les groupes chéris (sachant qu’il y en a ceux qui m’embêtent, je ne sais pas vous). Tout à coup, je tombe sur un message «  coup de foudre à Bugendana ». Je m’arrête en pleine rue ‘pavée’. Je suis toute la discussion et je constate que le SE le président de la République venait d’apposer sa signature sur la nouvelle constitution et qu’en plus, il venait d’annoncer solennellement qu’il ne se représentera pas en 2020. Mille et un questionnements. Pourquoi a-t-il dit cela ? Je ne m’y attendais pas vraiment.

Je suis vite retourné dans les plaisanteries de certains partisans du parti au pouvoir en 2014 qui disaient que Papa National ne quittera la présidence que le jour où Jésus remettra ses souliers sur terre.  Ce que je n’attendais pas dans cinq ans, dans dix ou même en 2034 comme le disaient beaucoup de médias.

Pourquoi un tel discours en 2018 ?

Pendant que je lis les messages, je revois la scène du 25 avril 2015 quand je m’enfermais dans ma chambre avec mon poste récepteur, suivant un discours qui a tout changé dans le pays de lait et de miel. Toute la matinée, on attendait le candidat que le parti CNDD-FDD allait choisir à ce jour et aux environs de midi (ou plus, je n’avais pas encore mangé), il était déjà connu. Suivit ce qui suivit.

Une question hante mon esprit: pourquoi n’a-t-il pas prononcé ce discours de ce 7 juin ce jour-là ?  Pourquoi le fait-il aujourd’hui avec tant de morts et de disparus. Avec tous les exilés que comptent les pays hôtes? Après toutes les pertes qu’on a enregistrées ? Après la honte que portent les burundais. Partout où ils vont, ils paraissent malheureux même si ce n’est pas le cas. Tout le monde a pitié d’eux. Pourquoi ? Est-il satisfait de ses réalisations depuis le 20 Août 2015 ? Avec la place qu’occupe le Burundi économiquement ? Et la rareté de devises ? La délocalisation des sommets régionaux et internationaux ? Moi j’aurais aimé voir où il voulait que le Burundi arrive. Je sens qu’il n’était pas temps qu’il parte. Mais, il ne faut pas que je sois pessimiste, on a encore deux ans.

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