Au Burundi, le nouvel an n’est plus célébré à la burundaise

Le Nouvel an n'est plus célébré à la burundaise

Peut-on parler d’une évolution ou d’une perte ? La célébration du nouvel an à la burundaise a petit à petit disparue, pourtant, elle était meilleure et valeureuse. Les Burundais ont embrassé la nouvelle forme venue de l’occident qui ressemble à une folie tout simplement.

Après la colonisation, certaines valeurs ont été abandonnées par les burundais surtout les soi-disant « lettrés » qui n’ont pas tardé à embrasser les valeurs du colonisateur. Parmi ces valeurs abandonnées, la célébration et le sens donné au nouvel an.

Le nouvel an burundais

Au Burundi, des opinions divergent sur la date exacte de célébration du nouvel an. Certains la placent au mois de juin (Ruheshi), le mois des récoltes ; d’autres le placent au mois d’octobre après la fête nationale, « Umuganuro » et d’autres encore le placent au mois de décembre. Le nouvel an était l’occasion de remercier le Tout Puissant, créateur  qui a pu garder la famille saine et sauve. Le chef de la famille dirigeait les prières, souvent accompagné d’un représentant de Kiranga sur la colline. On n’avait pas de discours comme tels, mais plutôt, des prières, des paroles de poids et des louanges à Imana, des souhaits pour la nouvelle année. Ils s’abstenaient de dire quoi que ce soit à propos du malheur qui aurait survenu tout au long de l’année passée.

La nourriture qu’on mangeait le jour du nouvel était très particulière. On préparait de la pâte de sorgho ou d’éleusine, de la viande et des légumes. On s’asseyait par ordre du plus ainé au plus jeune. Le chef de famille prenait un morceau, mangeait, ensuite, il donnait à chacun un après l’autre du plus âgé au plus jeune. Si un enfant est trop jeune pour manger, c’est la maman qui mangeait à sa place. « Kurya umwaka » (diner pour le nouvel an) avait une grande signification et surtout une force dans la vie familiale.

Le jour du nouvel an, on s’abstenait de faire ce qui ne convient pas : insulter, manger la nourriture de mauvaise qualité, etc. de peur que cela se répète tout au long de l’année. On devait mettre de nouveaux habits, se laver, etc.

Aujourd’hui, on prie, on mange, on célèbre, on veille dans les boites de nuit ou dans les Eglises ; c’est bon a voir. Mais, ce qui est évident, c’est que la manière dont les Burundais célébraient le nouvel an a changé. Les pratiques ne sont plus les mêmes malgré quelques similarités. Le sens donné à cette célébration a totalement changé. Chaque acte était symbolique et calculée dans le Burundi ancien, mais aujourd’hui, c’est de la folie. Le nouvel an est comme une occasion pour l’excès. La nuit du Nouvel an, c’est la plus dure des autres nuits : accroissement des accidents de roulage, ivrognerie, et beaucoup d’autres insolites.

Tout cela montre combien les Burundais d’aujourd’hui ont été déconnectés de leur passé et surtout de leur croyance. Ces actes bizzares n’avaient pas de place le jour du nouvel an avant l’arrivée des cultures occidentales.

 

 

 

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