Au Burundi, la capitale en panne de carburant

Bujumbura, une ville qui peine pour le carburant

Depuis une semaine, la pénurie du carburant perturbe les activités quotidiennes de Bujumbura, la capitale burundaise.  Plusieurs stations-service affichent « fermées », signe qu’elles n’ont plus de carburant à distribuer.  Les conséquences restent énormes. 

Les rendez-vous sont ratés très facilement. Les retards sont devenus normaux dans les écoles, les institutions publiques ou privées, etc. Les heures de début ou de fin du travail ont changé. Ils sont variables en fonction de la pénurie ou de l’abondance du « igitoro » (le carburant). Les matins, on vient en retard parce qu’on est passé à la station-service pour faire la queue et le soir, on rentre avant pour aller faire la queue. On peut voir quelqu’un qui se présente au boulot à 10 heures ou plus.  Personne ne peut le condamner. Il y a ceux qui peuvent passer toute une journée sans se présenter au boulot et c’est normal. On le comprend tous.

Le mot « igitoro » est le mot le plus utilisé dans la ville de Bujumbura ces derniers  temps. Dans la rue, à la maison, au boulot,… partout. Ce mot est la cause de tout retard, tout stress, toute erreur qui se produit. Désormais, la carence des bus de transport a eu sa raison d’être.

Chaque matin, des lignes de véhicules qui attendent le carburant peuvent s’étendre à des centaines de mètres à partir des stations-service. Les embouteillages se remarquent plus près des stations-service qu’au centre-ville. Le carburant est devenu de l’or.

Et la cause à tout cela ?

Quand la pénurie a commencé, on pensait qu’on allait revoir les prix à la hausse comme on a l’habitude de le faire. Cette fois-ci, elle est venue comme la grippe. Ça vient, ça repart, mais ça revient encore après deux jours ou moins.

Les explications du ministère en charge de l’Energie et Mines ne suffisent pas. Si le manque des devises en est la cause majeure, pourquoi ne pas prendre des mesures pour en augmenter la quantité ? Nous avons des experts en économie pouvant établir des plans stratégiques pour le faire. Le franc burundais (qui se dévalue du jour au jour) ne pouvant pas être directement utilisé au marché du carburant, les fournisseurs deviennent réticents à se perdre dans cette aventure de risque ; pourquoi ne pas faciliter les importations et prendre des mesures y relatifs ?

Qu’est-ce qu’on faisait avant pour avoir ces devises mais qui ne peut pas se faire aujourd’hui ? Nous avons encore le thé, le café, le cotons, autant de sources de ces devises. Que s’est-il passé ?

Nous sommes vraiment malheureux. Ce travail qui ne se fait plus selon le règlement, ce temps passé aux stations-service en attente du carburant. Le prix est lourd à payer. Certains disent que cette pénurie s’approche de ce que le Burundi a vécu en  31 juillet 1996. Le Burundi était alors parmi les pays les plus pauvres au monde; que va-t-il nous arriver après cette impasse ? Le pays sera sous la barre du classement mondial.

Le manque du carburant touche tous les secteurs de la vie : l’économie, la culture, la santé … Si cette question n’est pas traitée à temps, notre vie va devenir un enfer.

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