Bujumbura propre, qui serait contre ?

Rond-point Buja centre

Je ne sais pas si c’est parce qu’on approche la commémoration de l’indépendance du Burundi. Je ne sais non plus si c’est par ce qu’on a le souci d’une ville propre. Mais il doit y avoir une raison pas minime. Toutes les vendeuses à la sauvette et les vendeurs ambulants de la ville de Bujumbura se sont vu chassés des lieux où ils vendaient les fruits, les légumes, les chaussures, etc. Cela a vraiment touché les Burundais surtout ces petits commerçants de cette ville Burundaise qui ne voient plus où ils vont trouver comment vivre.

Tout a commencé il y a quelques semaines. Toutes les vendeuses des fruits qui se rendaient chaque matin, comme des fonctionnaires, au tour de l’ancien marché central incendié en 2013. Grâce à leur petit business, elles parvenaient à faire vivre leur famille, payer les frais de scolarité de leurs enfants, etc. Personne ne pouvait pas le comprendre mais si on approche une vendeuse, elle pouvait te rassurer qu’elle nourrit une famille de 5 enfants qui sont tous à l’école ; tout cela, grâce à trois paniers qu’elle vend par jour.

Maintenant, elles ne sont pas permises de vendre dans ce carrefour des gens du nord que du sud de la capitale Burundaise. C’était un point stratégique parce que ceux qui viennent des quartiers du nord de la capitale ainsi que celles qui vivent les autres quartiers se rencontrent en pleine centre ville et comme cela, le nombre de clients étaient considérable.

A cette bonne idée, une éducation valait mieux

L’idée de rendre la ville propre est très géniale. Mais la propreté du corps est le résultat de la propreté du cœur et de l’esprit. Si on veut rendre propre la ville de Bujumbura ou n’importe quelle autre ville, il faut d’abord rendre heureux les esprits de ceux qui vivent ces villes. A commencer par les plus démunis. Si la classe moyenne est propre, la classe supérieure ne serait en aucun cas moins propre. Pourtant, si les vendeuses de la ville de Bujumbura ne sont pas bien à l’aise, elles ne pourront jamais travailler pour la propreté de la ville. La seule raison est que l’esprit de patriotisme n’existe plus chez ces vendeurs qui se croient marginalisés. Cette mesure subitement mise en pratique est frustrante.

De toutes les façons, ces vendeurs voulaient plutôt une éducation civique de comment rendre propre leur milieu de vie. Le fait de les chasser les traumatise et amplifie leur indigence. L’esprit d’entreprendre ne pourra pas se développer en eux. Si on ne les avait pas chassés, ils allaient gagner leur vie et respecter le bien de leur pays. Tout le monde est pour l’assainissement de la ville de Bujumbura ; mais, on est aussi pour la vie des enfants de ce pays. En plus, ce n’est pas la présence de ces vendeurs qui rend la ville moins propre, c’est plutôt le manque d’éducation et le traumatisme causé par la mauvaise gestion de ces vendeurs.

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